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RDV "Connaître la Corse" à l’Espace CYRNEA : I Duii Sorru
Compte-rendu de la soirée du jeudi 10 novembre 2022.
Fidèle à sa vocation et à sa mission, l’Espace CYRNEA met en valeur l’histoire et la culture corses. Parmi ses actions, notre association a mis en place depuis cette année un rendez-vous régulier du jeudi intitulé "Connaître la Corse". Dans le cadre de ces rendez-vous, jeudi 10 novembre, s’est tenue dans ses locaux une soirée autour de la région de I Duii Sorru (les Deux-Sorru).
Le canton des Duii Sorru est né en 1973 de la fusion des deux anciens cantons de Soccia (anciennement "Pieve de Sorro-in-Sù") et de Vico (anciennement "Pieve de Sorro-in-Giù"). Depuis 2015, le canton des Duii Sorru fait lui-même partie d’un nouveau grand canton appelé Sevi-Sorru-Cirnarca (fusion des anciens cantons des Duii Sevi au nord, Duii Sorru au centre et Cruzzini-Cinarca au sud). Le territoire s’étire du golfe de Sagone aux abords du Monte Rotondo, à la Bocca di Manganellu. Il comporte la source du fleuve Liamone et ses 26 affluents dont la rivière Guagno.
Instituée à l'époque génoise et continuée par la monarchie française, La pieve de Sorro-in-Sù regroupait 4 communes : Guagno, Orto, Soccia (chef-lieu), Poghjolu. La pieve de Sorro-in-Giù regroupait 8 communes : Letia, Renno, Murzo, Vico (chef-lieu), Balogna, Arbori, Cargese et Coggia.
GUAGNO – Le plus haut village de la vallée de la rivière Guagno, qui prend sa source à la Bocca di Maganellu et va alimenter le Liamone. Berceau de Dumènicu LECA dit "Circinellu", une sorte de colosse roux, curé de Guagno et patriote corse farouche partisan de Pascal PAOLI. Il fut de toutes les batailles et notamment Ponte Novo. La défaite de l’armée corse ne le convainc pas pour autant de se rendre et il poursuivi le combat dans le Fiumorbo. Il est le symbole du bas clergé corse de l’époque : homme courageux et proche du peuple ("défendre la patrie et mourir libre") mais sans jamais renier sa vocation ("la force ne doit jamais priver le droit"). Deux ans après la mort de Circinellu (1771) est né à Guagno un autre homme d’exception quoique fort différent : Ghjuvan-Battista CIPRIANI, agent secret lié à la famille BONAPARTE. Il conçut et mena la prise de l’île de Capri au dépend du capitaine anglais Hudson LOWE, futur gouverneur de Sainte-Hélène. Il suivit Napoléon sur l’île d’Elbe et sur l’île de Sainte-Hélène, où il retrouva le gouverneur Hudson LOWE et où il finit sa vie.
POGHJOLU – Le village de Poghjolu illustre assez bien l’ancienne économie de la Corse caractérisée par la permanence, la solidarité et l’autarcie. Témoignage de la permanence, le « Registre d’état des âmes » de 1730 comporte les mêmes patronymes qu’aujourd’hui. Révélateur de l’économie locale, le "Plan Terrier" (outil de relevé des terrains et propriétaires sous l’Ancien régime, ancêtre du Cadastre, fait en Corse au lendemain de la conquête entre 1770 et 1796) constate que la centaine d’habitants sont tous propriétaires (alors que dans la France d’Ancien régime, la propriété était l’exception) et que de nombreuses propriétés sont communes ; par ailleurs, il décrit une économie complète qui se suffit à elle-même (vignes, châtaigniers, mûriers, petit élevage et artisanat). Et notre conférencier Pierre-Jean de commenter :
- Le Plan Terrier a mis en lumière la situation radicalement différente de la Corse avec le Continent : dans la France féodale, le Plan Terrier liste les terres seigneuriales et ceux qui en vivent (en vue de lever les taxes) ; en Corse, chacun est maître chez lui, les seigneurs sont rares et peu puissants, le fermage n’existe pas.
- A côté de la propriété individuelle, certaines propriétés et activités sont collectives pour le bien commun : confier son troupeau à un berger selon le principe du "A di mezzu" (= il devient propriétaire d’un nouveau-né sur deux en contrepartie) ; garder la chèvre domestique ("E ciocche") à tour de rôle dans le village, afin de se libérer pour d’autres travaux.
- Le territoire de Poghjolu, comme tous les villages corses de l’époque, faisait vivre sa population qui ne manquait de rien : l’autarcie corse était abondante et communautaire. A côté de cette économie villageoise, les nombreuses foires permettaient d’écouler les surplus et de faire circuler un peu de monnaie.
VICO – Chef-lieu du canton, Vico fut un lieu actif de résistance des Corses contre la République de Gênes, sous l'impulsion de Giovan Paolo di Leca au XVe siècle puis de Pascal Paoli au XVIIIe siècle. Au moyen-âge, le pays de Vico était l'une des quatre provinces du "delà des Monts" (Vico, Ajaccio, Sartène et Bonifacio). Sagone est aujourd’hui la marine de Vico mais elle fut une ville importante durant des siècles : siège de l'évêché de Sagone (institué au VIIIe siècle), l’un des six diocèses de l'île. Soumise aux raids incessants des Sarrazins, la ville fut abandonnée au XVIe siècle. Prosper MERIMEE y séjourna et y découvrit le menhir d’Appricciani.
Et tandis que Pierre-Jean contait le canton, nous, son public, dégustions charcuterie et fromages, arrosés de vin. Puis, lorsque le conte fut tari et les agapes finies, Tony PARENTI et sa guitare magique prirent en main l’assemblée pour ne plus la lâcher : tantôt chant de Balagne et tantôt d’Aïti, tout chargés de parfums, de musiques jolies, chants de marins, de bergers, sérénades, chansons de vin, son répertoire "100% nustrale" ravit son public. Il ne manqua bien sûr pas de chanter les exploits de Circinellu : "In la bocca Manganellu e ruste so sempre accese, so quelle di Circinellu prete e patriottu guagnese (au col de Manganellu les braises sont encore chaudes, ce sont celles di Circinellu prêtre et patriote de Guagno)". Il n’oublia pas non plus de chanter la mémoire des Poilus - en cette veille du 11 novembre - en interprétant la chanson intitulée U Ritrattu (la photographie) : "O cusi bellu ghjuvanottu chè partutu à u fiore di l’età, hè partutu eramu in diciottu cun prumessa di riturnà (un si beau jeune homme qui est parti à la fleur de l’âge, il est parti - nous étions en 1918 – avec la promesse de revenir)".
Pasquale Cyrneo
RDV "Connaître la Corse" à l’Espace CYRNEA : I Duii Sevi
Compte-rendu de la soirée du jeudi 27 octobre 2022.
Fidèle à sa vocation et à sa mission, l’Espace CYRNEA met en valeur l’histoire et la culture corses. Parmi ses actions, notre association a mis en place depuis cette année un rendez-vous régulier du jeudi intitulé « Connaître la Corse ». Dans le cadre de ces rendez-vous, jeudi 27 octobre, s’est tenue dans ses locaux une soirée autour de la région de I Duii Sevi (les Deux-Sevi).
Cette région regroupe certains des sites les plus remarquables de l’île : la forêt d’Aïtone (commune d’Evisa), la réserve naturelle de Scandola et la baie de Girolata (commune de Osani), les calanques de Piana, Cargese.
Le canton des Duii Sevi regroupe les territoires de deux anciennes pieve :
- La pieve de Sevidentro (Christinacce, Marignana, Evisa et les villages abandonnés de Tassu et L’Araghju), dans les hautes vallées
- Et la pieve de Sevinfuori (Osàni*, Partinello*, Serriera*, Ota, Piana, Cargese), sur le littoral. Rem : les 3 communes* ont été créées récemment (fin XIXe siècle) par un transfert de territoires communaux d'Évisa et d'Ota.
La pieve de Sevinfuori avait elle-même été formée sur les ruines de 3 anciennes pieves ravagées par les Génois et les Sarrazins :
- La pieve de Sia (actuelles communes de Osàni, Partinello et Serriera) sur la rive nord du golfe de Porto
- La pieve de Salogna (Ota et Piana) sur la rive sud du golfe de Porto
- Et la pieve de Paomia autour de Cargese et Sagone.
Depuis 2015, le canton des Duii Sevi fait lui-même partie d’un nouveau grand canton appelé Sevi-Sorru-Cirnarca (fusion des anciens cantons des Duii Sevi au nord, Duii Sorru au centre et Cruzzini-Cinarca au sud).
A partir des années 1500, les habitants de l’ancienne pieve de Sevinfuori - ceux qui n’ont pas été massacrés par Gênes ou capturés par les Sarrazins – désertent leurs villages et se replient dans les hautes vallées, dans la pieve de Sevindentro, laissant le littoral vide. C’est l’époque de la construction des tours de défense côtières : le fort de Girolata et la tour de Porto (anciennement "Tour de Sia").
MARIGNANA - Un épisode s’étant déroulé sur la commune de Marignana est resté célèbre : en 1564, une flotte de 13 bateaux turcs transportant 500 soldats débarquent à proximité de Cargese et remontent les vallées en direction du Sevindentro. A la manière des Spartiates du roi Léonidas aux Thermopyles, une poignée de villageois de Chidazzu et Marignana bloque l’armée turque dans une passe étroite et les retiennent suffisamment pour donner le temps aux hommes de Christinacce de venir les renforcer. Surpris par cette arrivée, les Turcs se replient dans le désordre et se perdent dans les chemins : ils perdront 200 hommes dans la bataille et durent restituer tous leurs captifs.
CARGESE - En 1676, Gênes attribue le territoire vide de la pieve de Paomia à 800 Grecs du Péloponnèse fuyant devant les Turcs ; la propriété des terres leur est contestée, les armes à la main, par Vico et Marignana ; cette hostilité était aussi mue par leur statut d’alliés de Gênes. Ils finiront malgré tout par s’implanter et ils fonderont Cargese un siècle plus tard. Aujourd’hui, la ville de Cargese comporte deux églises catholiques : l’une de rite latin (Eglise de l’Assomption), pour les paroissiens d’origine corse, et l’autre de rite oriental (Eglise Saint-Spyridon), pour les paroissiens d’origine grecque. Cargese a été le lieu de plusieurs épisodes historiques marquants :
- Le comte de Marbœuf, chef du corps expéditionnaire français, se fit nommer "marquis de Cargèse" ; cependant, le château qu’il se fit édifier a été détruit par les patriotes corses quelques années plus tard ; le comte de Marboeuf est décédé à Bastia.
- C’est dans les environs de Cargese que le sous-marin Casabianca fit sa première mission en Corse en 1942.
- Yvan COLONNA est un enfant de Cargese. Pour rappel, on lui impute l’attaque de la gendarmerie de Pietrosella (1997) au cours de laquelle a été subtilisée l’arme qui a servi à assassiner le préfet Erignac (1998) ; arrêté après 5 ans passé au maquis (2003), il a été condamné (2007) pour l’assassinat du préfet Erignac ; Yvan COLONNA a lui-même été assassiné (2022) en en prison.
OTA était la base arrière des Seigneurs de Cinarca dans leur guerre contre Gênes. PIANA est le village de naissance de Danielle CASANOVA.
Le public de cette soirée a pris conscience de l’histoire ancienne et tourmentée de cette région qui contraste avec l’image paisible aujourd’hui de ses beaux sites touristiques. La gravité de ce constat a été adoucie par l’excellent buffet et les vins chaleureux, servis pendant toute la conférence. Puis, comme si cela n’avait pas suffi à apaiser totalement les esprits, Tony PARENTI et sa guitare magique (à moins que ce ne soit lui le magicien …) ont enchanté les auditeurs par des chansons corses.
Pasquale Cyrneo
RDV "Connaître la Corse" à l’Espace CYRNEA : Pourquoi les Corses célèbrent le 8 mai ?
Compte-rendu de la soirée du jeudi 5 mai 2022.
Fidèle à sa vocation et à sa mission, l’Espace CYRNEA met en valeur l’histoire et la culture corses. Parmi ses actions, notre association a mis en place depuis cette année un rendez-vous régulier du jeudi intitulé "Connaître la Corse". Dans le cadre de ces rendez-vous, jeudi 5 mai, s’est tenue dans ses locaux une soirée consacrée aux célébrations du 8 mai en Corse.
La date du 8 mai 1945 qui marque la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe est connue de tous. Moins connue est la date du 8 mai 1769, elle est pourtant fondatrice pour la corse moderne : la défaite, à Ponte Novo, des armées de la Corse indépendante contre l’armée de Louis XV et le début de la Corse française. C’est l’histoire qu’a choisi de conter Pierre-Jean ANDREI.
Ce rendez-vous du jeudi tombant le 5 mai, il fait observer la fertilité de cette date dans l’histoire corse : la catastrophe de Furiani (5 mai 1992), la création du FLNC (5 mai 1976), la mort de Napoléon (5 mai 1821).
Ce préambule fait, il déroule les jalons historiques que se doit posséder l’honnête homme continental avant de se rendre en Corse :
La Corse appartient au Pape : elle est Terre vaticane depuis Charlemagne (VIIIe siècle). Suzerains de droit, les Papes ne règnent pas en Corse, ils en confient l’administration à des puissances vassales.
L’administration pisane (XIe-XIIIe siècle) : le Pape accorde à l’évêque de Pise l’investiture des évêques corses, les Pisans vont administrer l’île pendant deux siècles.
- L’administration génoise (XIIIe-XVIIIe siècle) : supplantés par Gênes à la bataille navale de la Méloria (1284), les Pisans doivent céder la Corse aux Génois. Gênes administrera l’île pendant quatre siècles.
Mais ce règne sera constamment contesté : par le Saint-Siège qui n’a pas désigné Gênes pour son administration et qui a pour projet de la confier à l’Espagne ; par les rois d’Espagne et de France qui convoitent l’île du fait de sa position stratégique ; par les Sarrasins qui ne cessent d’y porter le fer ; par les Corses eux-mêmes qui n’ont jamais accepté la domination génoise.
A partir des années 1700, les Corses sont en révolte quasi permanente et choisissent de prendre en main leur destin : ils proclament le Royaume de Corse et ne reconnaissent de souveraineté que celle de l’Immaculée conception de la Vierge Marie (1735). La constitution libérale (1755) du nouvel Etat accorde la citoyenneté aux Juifs (les "Ebrei"), le droit de vote aux femmes et organise la séparation des pouvoirs ; les philosophes des Lumières admirent ce peuple qui affirme son droit à disposer de lui-même au nom de la liberté. Pascal Paoli est porté à la tête du nouvel Etat dont il met en place les fondements (capitale, monnaie, justice, université, armée).
Dépassée, la République de Gênes est obligée d’accepter la proposition du roi de France (Traité de Versailles 1768) d’occuper la Corse et de ne pas la restituer sauf à se voir dédommager de tous les frais engagés pour sa conquête et son occupation. La petite armée corse ne peut tenir longtemps face aux 40 000 hommes du corps expéditionnaire français : en dépit d’une première bataille victorieuse à Borgo, elle livre son dernier combat à Ponte Novo (8 mai 1769).
La résistance corse se poursuivra plusieurs années et l’insurrection reprit en 1796 : Bonaparte la réprima très durement et n’en vint à bout qu’en 1801. Gênes essaiera vainement par la suite de retrouver ses droits sur la Corse ; quant au Saint-Siège, suzerain de droit, il ne se manifesta plus.
Nombreux furent les participants qui s’étonnèrent de la densité historique de la Corse. La soirée ne fut pourtant pas triste grâce aux vins généreux, aux mets délicieux et aux chants corses animés par Tony Parenti et sa guitare : le Dio Vi salvi Regina, qui vient traditionnellement clôturer les soirées, avait ce soir-là une résonnance toute particulière.
Pasquale Cyrneo
Vernissage à l’Espace CYRNEA : Jean-Louis Jost et ses villages corses.
Compte-rendu de la soirée du jeudi 12 mai 2022.
Fidèle à l’esprit corse, l’Espace CYRNEA accueille chaleureusement toutes les personnes de bonne volonté et qui aiment sincèrement la Corse. Du 12 au 31 mai 2022, le peintre Jean-Louis Jost expose ses tableaux. Une soirée de vernissage a été organisée jeudi 12 mai de 19h00 à 21h00.
L’artiste a pu recevoir amis et curieux autour d’un copieux buffet composé de charcuterie, tapenade et fromage, vin rosé Terra Vecchia et eau d’Orezza.
Les toiles font le tour de la Corse : Asco, Curbara, Oletta, Tollare, Barcaggio, Porticiolo, Carpinettu, Carchettu, Verdese, Petricaggio, Zuani, Cervione, Sartène. La Castagniccia est particulièrement à l’honneur, on croirait entendre Petru Guelfucci chanter les "Paesoli d’Orezza" :
"[…] Sè tu guardi à manu manca, c' hé A Croce d' Ampugnani
C' hè Casalta è Casabianca, u Silvarecciu accant' a Pianu
In a cima di l' altra branca, Olmu Scata è San Damianu […]"
A l’extérieur, deux dames élégantes sirotent leurs verres en terrasse, en discutant, loin du tumulte. A la table d’à côté, une cliente contemple son assiette de charcuterie : les tranches, d’un brun rouge profond, parfaitement rangées, rappellent le tableau de Barcaggio au soleil couchant.
Une dame part avec, sous le bras, une grande toile colorée de Cervione. Pourquoi Cervione ? Parce que le bosquet de fleur au premier plan, répond-t-elle, et le grand ciel bleu qui envahit la toile. Les tableaux se décrochent, mis sous papier-bulle, et partent à pied ou en voiture vers leur famille d’accueil, aussitôt remplacés par de nouveaux, sortis de la réserve.
La soirée s’est terminée bien au-delà de l’horaire prévu avec les chants corses animés par Tony Parenti et sa guitare : l’Ajaccienne, Cun voi madamicella et bien d’autres, en terminant bien sûr par le Dio Vi salvi Regina.
Pasquale Cyrneo
RDV "Connaître la Corse" à l’Espace CYRNEA : les vins de Sartène.
Compte-rendu de la soirée du jeudi 31 mars 2022.
Fidèle à sa vocation et à sa mission, l’Espace CYRNEA fait connaître le patrimoine corse et le travail des Corses. Parmi ses actions, notre association a mis en place depuis cette année un rendez-vous régulier du jeudi intitulé "Connaître la Corse". Dans le cadre de ces rendez-vous, jeudi 31 mars, s’est tenue dans ses locaux une soirée consacrée aux vins de Sartène.
Parmi les 23 participants de la soirée, figuraient en invités d’honneur Jean-Paul et Bénédicte PHELIP, vignerons et propriétaires du domaine San Micheli.
Le président Pierre-Jean ANDREI a présenté l’histoire et la géographie de "la plus corse des villes corses" (Prosper Mérimée) et sa région, foyer de la civilisation des mégalithes (les dolmens appelés "Stàntari" en Corse) et de la procession pascale du Catenacciu (le "Porte-croix" comme le chante Antoine Ciosi). Le fleuve Taravo, qui prend sa source au Monte Grosso et va adoucir les eaux du golfe de Valinco, tout près du lion de Roccapina, les fleuves Ortolo et Rizzanese. La fondation de Sartène au début du XVIe siècle dans le sang de Rinucciu Della Rocca, la déportation de toute sa population par le pirate sarrazin Hassan Pacha un siècle plus tard et sa refondation par Gêne qui la repeuple avec les villages autochtones.
Citant les nombreux cépages locaux (Barbarossa, Carcaiola, Montanaccia, Genovese, Moresconu, etc …), Pierre-Jean ANDREI a présenté en détail le domaine San Micheli, ses 22 ha, ses collines Capaneddu de l’Ortollo. Jean-Paul et Bénédicte ont évoqué avec affection le souvenir de Saveria dont ils poursuivent l’œuvre, une mère énergique qui ne s’est jamais départie de son humour et sa fantaisie malgré les nombreux malheurs qui l’ont frappée.
Un copieux spuntinu (charcuterie, tourte, fromage et gâteau à la châtaigne) a accompagné cette présentation avec dégustation des vins San Micheli.
La soirée s’est poursuivie par les chants corses animés par Tony Parenti et sa guitare. Il n’a pas manqué de commencer par la célèbre chanson de Tino Rossi "Les fiancés de Sartène" : "Sur la pierre froide d'une fontaine, dans la nuit qui tombait sur Sartène, sans se soucier des gens alentour, deux fiancés se disaient leur amour […] Le garçon en lui prenant la taille lui dit, pour presser ses fiançailles, demain je parlerai à ton père, il verra combien je suis sincère."
Pasquale Cyrneo
RDV "Connaître la Corse" à l’Espace CYRNEA : les vins de Porti Vecchju.
Compte-rendu de la soirée du jeudi 21 avril 2022.
Fidèle à sa vocation et à sa mission, l’Espace CYRNEA fait connaître le patrimoine corse et le travail des Corses. Parmi ses actions, notre association a mis en place depuis cette année un rendez-vous régulier du jeudi intitulé "Connaître la Corse". Dans le cadre de ces rendez-vous, jeudi 21 avril, s’est tenue dans ses locaux de l’avenue Vivaldi une soirée consacrée aux vins de Porti Vecchju.
Le président Pierre-Jean ANDREI a présenté l’histoire et la géographie de « La cité du sel » et son arrière-pays : le foyer de la civilisation mégalithique dite torréenne, la fondation de la ville par les Grecs de Syracuse, son abandon au haut Moyen Âge à cause de la malaria et des razzias sarrazines, la construction de la citadelle par les Génois de Bonifacio en 1539, les seigneurs féodaux de la Rocca et les échanges avec les populations autochtones résidant à la montagne qui continuent notamment à y mener leur bétail durant l'hiver (impiaghjerà).
Puis il a présenté les particularités du vignoble autochtone : fruit de la vigne et du travail des Porto-vecchiais depuis le IVe siècle av. JC, le vin de la région a acquis le label "AOC Vin-de-Corse-Porto-Vecchio" dans les années 60. Il s’étend sur 90 ha de terroir entre Solenzara et Bonifacio et sa terre granitique ou calcaire, sèche et exposée au climat marin, est particulièrement favorable à la vigne et hostile à ses parasites.
Il a rappelé l’action déterminante de Christian Imbert, repreneur du Domaine Torraccia en 1964 à son retour du Tchad : loin de la mode de l'époque, il mise sur les cépages autochtones (Nielluciu, Sciaccarellu, Malvasia, Vermentinu) et crée l'UVA (Union des Vignerons AOC mais « uva » est aussi le mot corse qui désigne le raisin).
Un copieux spuntinu (charcuterie, tourte, fromage et gâteau à la châtaigne) a accompagné cette présentation avec dégustation de vin rouge et blanc du domaine Torraccia.
La soirée s’est poursuivie par les chants corses animés par Tony Parenti et sa guitare.
Pasquale Cyrneo
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